Monsieur Qui

Monsieur Qui. Street artist, mais pas que. Mystérieux et talentueux à souhait. Originaire du Sud de la France. Il aime boire un café dans le quartier de la Plaine à Marseille, les fanfares et les animaux. Il déteste les prises de sang, le marketing et le foot.

/// Mais qui est donc Monsieur Qui ?
J’habite Paris, j’ai un chien noir, un chat noir, un vélo noir, je suis également illustrateur, colle des affiches dans les rues de Paname (et d’ailleurs) et fais du graffiti en noir et blanc. Je ne peux « livrer » mon prénom au risque d’une autocombustion spontanée.

/// Pourrais-tu nous en dire plus sur tes oeuvres éphémères (le processus d’impression des affiches street art, etc.) ?
C’est très variable et dépend pour beaucoup de l’intention finale. Pour la répétition/ accumulation d’affiches, j’utilise des assemblages de photocopies A3. Lorsqu’il s’agit de grand format, je les produis à la main, à l’acrylique essentiellement, il m’arrive aussi de coller du papier découpé, ça prend 100 ans à réaliser, c’est pénible à coller, mais curieusement c’est pas ce qui est nettoyé en premier lieu. Enfin, il m’arrive aussi de faire des tirages sur  » traceur de plan » noir et blanc, par exemple pour une 4×3.

/// Décrirais-tu ton street art comme étant une manière de ‘glamouriser’ les villes ?
Ça met un peu de « légèreté » et de féminité dans nos rues. Cependant l’idée de départ était toute autre ; j’ai appris à dessiner (et je continue à apprendre) au travers des vieilles illustrations mode d’après guerre à nos jours (Gruau, Bob Peak, antonio Lopez,…), parce que l’esthétique et surtout le traité me parlaient. Quand j’ai découvert les collages de Faile et autre Wk interact via des photos qu’un pote ramenait de ses voyages à NYC au millieu des années 2000, j’ai eu très envie de pratiquer, et les premieres choses tombées sous la main furent mes illustrations typées « mode ». J’ai pensé que ça serait plutot décalé et agréable à coller. Mais je précise, je ne suis absolument pas un dingue de mode, loin de là même, contrairement à ce que j’ai pu lire à mon sujet sur le net.

/// Depuis quand réalises-tu cela & y-a t-il un sens / but derrière tout ça ?
Depuis début 2007 (j’avais fait quelques essais en 2004), à l’époque j’étais encore sur Marseille. J’avais arrêté le graffiti depuis quelques temps. Lorsque j’ai commencé à coller c’etait aussi par nostalgie de la période graffiti sauvage, pour l’action, pour diffuser un nom et une imagerie au quatre coin de la ville et surtout la nouveauté de la pratique était excitante. J’aurai collé du papier blanc ça aurait été pareil. Puis au fur et à mesure j’ai pris gout à l’idée qu’un grand format collé avait le pouvoir de transformer un lieu en très peu de temps ; je suis devenu « collectionneur d’images », celles des espaces photographiés (plus ils sont pourris, plus ils sont photogéniques) dont j’en avais modifié l’esthétique et l’intérêt.

/// J’ai cru comprendre que tu partages aussi ton goût pour le design et les belles images sur ArtsKills.net ?
Mon pote Thomas de www.amkashop.com m’a proposé l’aventure fin 2006. Pendant toutes ces années j’ai posté pas mal de choses, plutot au coup de coeur, j’avoue qu’aujourd’hui j’y consacre moins temps.

/// Les représentations féminines, c’est un peu une obsession, un hommage à la beauté féminine ?
Comme dit plus haut, c’etait au départ un choix « technique et d’opportunisme », après coup on se rend compte que la « beauté féminine » a un certain « pouvoir de séduction » sur papier et on en joue. En pratique, c’est plus facile de coller des portraits de femmes que des crânes.

/// Et le symbole des crânes, qui est assez récurrent, c’est pour contrebalancer l’image ‘mode’ ?
Non je ne crois pas, c’est plutôt complémentaire enfait… J’ai un goût certain pour ce genre d’esthétisme et jouer avec l’imagerie de la mort est assez marrant. Je suis surtout friand des gravures anciennes et anatomiques d’humains et d’animaux. Finalement l’association gravure féminine / crânes / fleurs fonctionne plutot bien en noir et blanc et reste un classique.

/// Toutes tes illus sont-elles faites à la main ou utilises-tu une tablette graphique ? Quelle est la technique que tu préfères ?
C’est du fait main, je suis pas doué avec une palette. Je n’ai pas de technique particulière, si ce n’est que de travailler majoritairement en noir et blanc (sauf pour les illustrations commanditées evidemment).

/// En général où puises-tu ton inspiration ?
Dans le passé, mon environnement, la musique, la ville, les gens, les vieilles documentations scientifiques, etc…  L’inspiration est partout…

/// Possèdes-tu des street artists ou artistes tout court qui t’ont inspiré tout au long de ton parcours ?
Je suis fan de Bob Peak (illustrateur américain) depuis toujours.

/// Pourrais-tu nous décrire la journée type de Monsieur Qui ?
Rien de très passionant ; un petit café, je promène mon chien, et me met au travail (chez moi avec mon chat). Parfois je fais une pause vélo et sillonne les rues de Paris (ça permet de trouver de nouveaux spots à coller) puis après-midi travail. Enfin re-sortie vélo-potes-chien-copine-expo-collage-rêvasserie-photo nocturne-dodo.

/// Si tu croisais le génie de la lampe, quel seraient tes 3 voeux ?
Le génie de la lampe a été assassiné par la publicité, le marketing et la spéculation boursière il y a déjà bien longtemps…

/// Des news ou actus dont tu voudrais nous parler ?
Je n’ai pas vraiment d’actu, enfin si, j’aimerai exposer mon travail. J’ai commencé à produire en ce sens, des travaux réalisés un peu moins dans l’urgence, s’éloignant des habituels portraits féminins, pour explorer des univers plus sombres.

/// Le mot de la fin, si y’en a un ?
V i v r e . . . e t    c ‘ e s t   d é j à   p a s    m a l. . .

Mr Qui