Les groupes du grand froid

Ils viennent d’Islande, cette petite île nichée au large de la Norvège. Et ce n’est pas la température, 5° à l’année en moyenne, qui les empêchent de transpercer et réchauffer nos coeurs et surtout nos playlists. Des voix d’anges et des paroles imprononçables, le tout sur une instru minimaliste, intelligente et rythmée, c’est peut être ça le secret de cette nouvelle vague : le mélange.

Si les vikings étaient des anges alors Ásgeir en serait un descendant.
Ásgeir a grandi dans la nature sauvage islandaise de Laugarbakki et vient d’une grande famille de musiciens.
Malgré son apprentissage de la guitare classique dès son plus jeune âge, Ásgeir est d’abord encouragé vers une carrière sportive avant de changer de voie et de se consacrer entièrement à sa musique. Il compose lui même ses chansons, une sorte de folktronic à base de vrais instruments et de sonorités électroniques, au service d’ambiances aériennes et mélancoliques.

King and Cross
Les textes, à l’origine poèmes de son père, âgé de 72 ans, ont été traduits en anglais par John Grant, célèbre artiste américain. L’année dernière à seulement 20 ans, Ásgeir devient une icône auprès de son public d’origine grâce à son premier album Dyrd í dauathogn qui bat des records de vente dès sa sortie. La version anglaise In the Silence sortira en janvier 2014. Son single King and Cross, extrait de son premier EP, est une ballade up-tempo qui reflète l’univers du jeune prodige qui brille par sa musique, légère et aérienne.

Ce n’est peut-être pas le premier nom qui vous viendra à l’esprit au sujet de l’Islande et pourtant comment ne pas évoquer Emiliana dont le septième album studio Tookah est sorti début septembre.

14 ans après Love In A Time Of Science qui l’a révélée au monde, Emiliana aura réussi un parcours sans faute, avec son secret bien à elle de marier sa voix unique sur des ambiances à chaque fois nouvelles et magiques.

Tookah
Emiliana a le pouvoir bien islandais d’inviter les gens au voyage à travers sa musique et Tookah ne déroge pas à la règle. Si Emiliana est bien chercheuse en son domaine, les pépites qu’elle nous livre en guise d’albums sont de plus en plus belles et d’une pureté rare.

Le trio de Reykjavik, berceau de Bjork, est un groupe de teenagers islandais formé en 2011. Cet ovni nous plonge dans une atmosphère mystique et nous propulse, dès la première écoute, dans une bulle où l’on aimerait y rester une éternité.

Une production électro élégante et minimaliste à laquelle viennent s’ajouter clarinette et voix féérique (signé Jofriour Akadittir). Cette combinaison imprévisible est un véritable souffle soulevant n’importe quel petit coeur sensible et émotif.

Des poèmes chantés
Les paroles ne sont pas écrites par le groupe «ce sont des extraits de poésies du XIXè siècle», confessent-ils.
Leur nouvel album éponyme est à présent disponible.

Sigur Rós, ce sont juste derrière Björk, les plus grosses stars de la scène islandaise. Né en 1994 les enfants terribles de Reikjavik (décidemment) se sont taillé une solide réputation de clan farouche, limitant le protocole au strict minimum comme le démontre le dernier clip, réalisé par Alma Har’el, tourné avec Shia Laboeuf, le présentant en danseur contemporain dans le plus simple appareil.

La particularité de ce groupe : dire n’importe quoi. Le groupe utilise le Vonlenska, un charabia inventé par Jón Þór Birgisson, le chanteur du groupe. Cette technique est une suite de sons qui, accollés, ressemblent à de l’islandais, mais en réalité ne signifient absolument rien. Et comme si ce n’etait pas assez compliqué comme ça Jònsi joue de la guitare avec un archet de violoncelle, qui génère ce son atmosphérique si particulier.

Édition Limitée
Un coffret en édition limitée de leur dernier album, Kveikur, sortira ce mois-ci. Chacune des neufs chansons de l’abum est enregistré sur un vinyle 12″ sur la face A. La face B comportera une version instrumentale originale, une première pour le groupe.
Le tout emballé dans un écrin sérigraphié par l’artiste Sigga Björg Sigurðardóttir édité en 1000 exemplaires et disponible ici.


Julien Parrino