Jehanne Moll

Jehanne Moll. 21 ans. Photographe à mi-temps, étudiante en communication l'autre moitié du temps. Elle nous présente sa nouvelle série photo intitulée Blinding. Elle aime écouter de la musique dans le train, glisser des morceaux de fraises dans son pain au chocolat le dimanche et les textos doux des copines. Elle déteste annuler ses photos à cause du mauvais temps, les personnes pessimistes et être en retard.

/// Quand et comment es-tu tombée dans la photo ?
Je suis tombée dans la photo un peu comme tout le monde, je pense : un nouvel appareil est arrivé dans la famille, j’étais curieuse, j’ai essayé de faire quelques photos. J’ai ensuite commencé des études niveau secondaire et j’ai continué la photo pour mes études supérieures à Saint-Luc à Liège pendant trois ans. Depuis un an, je pratique la photo vraiment selon mes envies, en gardant mon bagage technique mais en essayant de me défaire de l’apprentissage purement scolaire de la photographie. Pour résumer, on peut dire que je suis tombée dedans il y a 6 ans mais que je la pratique sérieusement depuis 2 ans.

/// Quelle est la petite histoire derrière ta nouvelle série « Blinding » ?
La série Blinding est vraiment partie de la modèle, Elise, que je voulais absolument reprendre en photo (je ne l’avais plus photographiée depuis environ deux ans). Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire avec elle, et j’y pensais dans le bus. Pendant que j’y pensais, la chanson Blinding de Florence + The Machine passait dans mon mp3 et j’y ai vu l’histoire du déclin d’une reine. C’est ce que je raconte dans la série, dans laquelle on peut voir que cette reine, très sûre d’elle sur les premières images, qui finit par perdre le fil et totalement décliner à la fin. Je pense que si on considère la thématique dans son sens le plus large, chacun peut s’y retrouver. Elle explique simplement à quel point on peut avoir l’impression de décliner quand une situation nous échappe ou que l’on traverse des moments plus difficiles.
Crédits : Modèle > Elise, Make-up artist > Valérie Tomasi, Styliste > Djanti Seda

/// Pourrais-tu nous en dire plus sur l’organisation de tes shootings ?
Il y a deux types d’organisations dans mes shootings. Il y a celui que je travaille sous forme de séries avec une maquilleuse et des stylistes à qui j’explique mes idées et le rendu que je recherche. Généralement on s’échange des inspirations afin de bien cibler la série. Puis il y a les shootings « tests » pour les agences, où je travaille plus au feeling, en fonction de la personnalité du modèle.

/// Tes photos en 3 adjectifs ?
Douces, féminines, naturelles.

/// Tes photos possèdent-elles un thème récurrent ?
D’une manière générale, je pense que mes photos sont presque des autoportraits par modèles interposés. En travaillant de manière presque exclusive avec des jeunes filles, je pose sur elles le regard que je porte sur la femme, la manière dont je la perçois et certainement comme je voudrais être. Du coup, je préfère vraiment photographier les femmes, même si ça ne m’empêche pas de travailler avec des hommes. Je me situe d’égale à égale par rapport à elles, il n’y a pas de rapport de séduction et les barrières tombent plus facilement.

/// En général, où puises-tu ton inspiration ?
Je la puise dans mon quotidien, au cinéma et dans la musique qui est une chose dont je ne saurais vraiment pas me passer.

/// Et quelles sont tes influences artistiques ?
Mon maître en photographie est définitivement Erwin Olaf, son travail me fascine vraiment. Je consulte aussi régulièrement des sites comme thebentrovatoblog.com, behance.net, whitezine et je suis très régulièrement le travail de différents photographes.

/// Pour toi, la chose la plus importante pour qu’une photo soit réussie, c’est… ?
Pour moi, la technique n’est pas le plus important dans une photo, mais c’est surtout ce qui se passe dans l’image, au niveau de l’expression, principalement dans les yeux. On sent assez vite quand la photo est comme on le souhaite. C’est la somme des éléments qui la composent qui se sont tous agencés comme il le fallait et comme on l’avait en tête.

/// Photographier les personnes semble être ce que tu préfères, je me trompe ?
C’est exact. Ce qui m’intéresse dans la photo, au-delà du geste de prendre la photo, c’est de rencontrer la personne qui se trouve en face de moi. Ca ne m’intéresse pas de photographier quelqu’un avec qui je n’aurai plus jamais de contact. La relation qui naît entre le photographe et son modèle est quelque chose de vraiment privilégié et c’est un des aspects qui me plaît le plus dans la photo.

/// La chose dont tu ne pourrais pas te passer plus d’un jour ?
Une tasse de thé. Aux fruits rouges.

/// Si tu pouvais te téléporter là, tout de suite, maintenant, où irais-tu ?
Si je pouvais me téléporter là, tout de suite, j’irai certainement au bord de la mer, à Barcelone, en fin de journée, pour profiter du soleil couchant et du calme.

/// Une anecdote amusante d’un shoot dont tu pourrais nous faire part ?
Oui ! Il y a trois ans, j’avais réalisé une série avec des bois de daim dans les coiffures et nous faisions les photos dans les bois. Pendant qu’on terminait le maquillage, un homme est rentré dans la salle dans laquelle nous nous étions installés pour préparer les photos et il nous a dit: « Je suis garde forestier et il paraît qu’il y a des biches par ici. » Tout cela avec un accent liégeois très prononcé. On a beaucoup ri après.

/// Comment te vois-tu dans 10 ans ?
Dans 10 ans, je me vois encore photographe, peut-être encore en Belgique ou ailleurs, je ne sais pas, mais je ne veux pas faire autre chose que la photo, c’est certain.

/// Des actus ou projets cools à venir dont tu voudrais nous parler ?
En actu directe, je réalise un éditorial mode ce dimanche et je vais travailler pour la première fois en duo avec un autre photographe, Michael Ferire. Nous avons des pratiques photo vraiment différentes mais je pense vraiment que cette différence peut apporter de nouvelles connaissances à chacun.

Jehanne Moll / Page facebook