Colette Saint Yves

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Colette Saint Yves. 24 ans. Elle aime la colle, ses images découpées et possède une paire de ciseaux préférée. Elle déteste quand la colle est sèche, quand elle déchire malencontreusement une image et quand sa paire de ciseaux préférée ne coupe plus.


/// Qui es-tu & que fais-tu ?
J’ai 24 ans, je m’appelle en réalité Hortense Lagrange. Je suis en master cinéma à Lille et je m’intéresse à différents médias comme le collage, la photo et la vidéo.

/// ‘Colette Saint Yves’, c’est ton nom d’artiste ? Pourquoi avoir choisi celui là ?
Oui, je trouvais que ça sonnait bien et que ça donnait un côté actrice du muet ou de danseuse,  maintenant ça me fait rire. J’avais choisi Colette en hommage à Sidonie-Gabrielle Colette car j’avais lu Sido quand j’étais adolescente et c’est un livre qui m’avait beaucoup marqué. Le Saint c’est pour Saint Augustin ou Ruth Saint Denis je ne sais plus très bien et Yves, je ne sais pas d’où je le sors. D’ailleurs, j’ai vu sur internet que ce nom existait vraiment.

/// Tes travaux essentiellement en noir & blanc, c’est un peu une hymne au passé ?
Je ne sais pas, le noir et blanc m’ont toujours attiré, il a quelque chose de plus intense, je trouve. Mais c’est vrai que je suis assez nostalgique, enfin je parle pour les films surtout et en général quand j’ai une idée de photo c’est le noir et blanc qui me vient à l’esprit. Peut-être que ça a un rapport avec les premiers films que j’ai vu enfant, des Chaplin.

/// Tu as l’air très inspirée par les films, pourrais tu nous en dire plus sur tes inspirations (quelles soient filmographiques ou autre) ?
Les films m’inspirent beaucoup, trop peut-être mais j’essaye pour certaines de mes créations de retranscrire ma passion, mon rapport au cinéma. Mon inspiration peut partir de très loin avec des films de la naissance du cinéma, les films des années 20, 30 mais aussi avec des films récents. En ce moment je suis très inspirée par des films de réalisateurs comme Julien Duvivier, Nino Oxilia ou Guy Maddin. Ou encore Joseph Cornell, un artiste qui travaillait beaucoup à partir du cinéma pour réaliser ses collages ou ses films. Il m’a beaucoup inspiré pour ma série sur les actrices : Louise, Lillian, Lyda et Jeanne Roques.

/// Que t’apporte le collage et la photo & as-tu une préférence entre les deux ?
Beaucoup de bonnes choses, c’est un peu ma vitamine, mon viatique. Par contre, impossible de choisir entre les deux et quand il n’y a pas l’équilibre entre le collage et la photo (comme en ce moment), je ressens un manque.

/// Comment décrirais-tu tes travaux en 3 mots?
Houla, c’est difficile !

/// Tu crois qu’il serait possible d’avoir une petite analyse de ton collage ‘ Les somnambules ’ ? 
Je ne sais pas si je vais vraiment donner une analyse de mon collage, mais je peux expliquer comment il « est né » : je lisais un vieux livre sur le cinéma et juste à côté j’avais laissé sur ma table de nuit un vieux magazine sur la danse ouvert à une page que je venais de lire. Une nuit j’avais du mal à dormir et je me suis mise à assembler ce paysage montagneux de western avec les bras de  Rudolph Nureyev et les ballerines. Je trouvais la posture des bras de Nureyev incroyable et le fait de les avoir cachés derrière la montagne donnait l’impression d’un marionnettiste « maléfique » qui contrôlait ces ballerines et j’aimais assez ce détournement.

/// Pourrais-tu nous en dire plus sur le processus qui se cache derrière tes collages (où trouves-tu les photos que tu utilises, comment procèdes-tu à la composition, comment te viens l’idée, etc) ?
Bien sûr, la plupart du temps, mes collages « papier » sont réalisés à partir d’images que je trouve dans de vieux magazines, encyclopédies, livres. Il m’arrive d’en réaliser des digitales avec mon ordinateur. Parfois j’ai une idée en tête, une sorte de mise en scène et c’est à partir d’elle que je compose le collage (qu’il soit papier ou digital). Mais parfois,  je prends une image de ma boîte d’images déjà découpées et  j’essaye de trouver les autres images que je pourrai assembler, un peu à la manière d’un puzzle.

/// Si tu croisais le génie de la lampe, quels seraient tes 3 voeux ?
Vivre longtemps, garder un minimum d’inspirations pendant le reste de la vie, pouvoir faire des vœux à volonté.

http://cargocollective.com/ColetteSaintYves